[Côtes du Rhône] Rencontre à Medagri, Entretien avec Jordan Charransol

par | Nov 27, 2024 | Côtes du Rhône, Echo du vignoble, TOUS | 0 commentaires

 

Quel est votre ressenti sur la situation actuelle dans la viticulture ? 

Il va vraiment falloir que ça change vite. La situation devient critique. Beaucoup d’exploitations, même bien gérées, sont en grande difficulté. Ce n’est pas forcément une question de mauvaise gestion, mais de marché. Les caves sont pleines, et la consommation de vin est en baisse. Les trésoreries sont tendues, certaines exploitations ont déjà de gros problèmes financiers. On voit bien que ça ne pourra pas continuer comme ça longtemps. 

Quelles sont les autres difficultés auxquelles vous faites face ? 

En plus des soucis économiques, il y a des normes environnementales de plus en plus strictes. Elles sont nécessaires, mais c’est compliqué de produire tout en respectant toutes ces exigences. Et puis il y a la concurrence, entre nous en France, mais aussi avec d’autres pays européens. La compétition est rude et souvent déséquilibrée. Cela dit, je pense que la situation pourrait s’améliorer. 

Pensez-vous que des annonces gouvernementales pourraient aider à redresser la situation ? 

Je reste prudent. Il est possible que des décisions politiques soient prises rapidement, mais je doute qu’elles aient un impact à court terme. Il faudrait du courage politique pour vraiment changer les choses. Ce gouvernement, ou ceux qui le suivent, doivent agir vite. Il y a des mesures à prendre, mais le temps presse. 

Y-a-t-il des solutions selon vous ? 

L’arrachage a déjà commencé, et certains peuvent s’inscrire. Cela pourrait permettre à certains viticulteurs de réduire leur surface ou d’arrêter complètement. Mais on nous demande souvent de diversifier les cultures, et ce n’est pas évident. Dans le Vaucluse, par exemple, les cultures alternatives ne sont pas toutes viables. Le maraîchage ou l’arboriculture, sans irrigation généralisée, c’est compliqué. Et puis d’autres filières, comme le lavandin, sont saturées. On manque de solutions viables à long terme. 

Quelles seraient, selon vous, les mesures à prendre pour améliorer la situation ? 

Il faudrait peut-être encourager ceux qui sont proches de la retraite à arrêter, et permettre à ceux qui souhaitent réduire leur surface de le faire. Personnellement, je pratique la polyculture, mais j’ai cette chance d’avoir des parcelles irriguées. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Il est difficile de trouver une solution universelle. On ne pourra pas abandonner la vigne, elle fait partie de notre identité et de notre culture. Mais la solution, même à court terme, est complexe. 

Comment voyez-vous l’avenir pour les jeunes viticulteurs ?

C’est là où ça devient inquiétant. Beaucoup de jeunes, même ceux qui se sont installés récemment, sont déjà en difficulté. Ils ont investi, ils ont des crédits à rembourser, et les problèmes de trésorerie s’accumulent. Certains risquent de devoir arrêter, ce qui serait un véritable gâchis. On parle souvent du vieillissement des agriculteurs, mais on oublie qu’il y a aussi des jeunes qui quittent la profession, parfois avant d’avoir 50 ans. Ils sont passionnés, investis, mais on pourrait les perdre. 

Pensez-vous que la nouvelle génération peut encore trouver sa place ? 

Oui, heureusement, il y a encore des jeunes motivés qui veulent essayer. Ils sont indispensables pour l’avenir de notre métier. Mais il ne suffit pas d’avoir des candidats, il faut aussi que les conditions changent. On verra ce qui sera annoncé, mais je crains que ce ne soit pas suffisant si on ne change pas rapidement les choses. 

 

Propos recueillis par Isabelle Gibier.

Dans le secteur viticole, l’embauche de saisonniers est incontournable, notamment pendant les vendanges. Ce guide présente les principaux contrats, les formalités à respecter, les exonérations possibles et les particularités liées à l’embauche de travailleurs étrangers.

Contrats, obligations et outils pratiques

Le contrat saisonnier : un CDD adapté

Le contrat à durée déterminée (CDD) saisonnier, prévu par l’article L1242-2 du Code du travail, s’applique aux emplois liés aux saisons, comme les vendanges. Il ne concerne pas les surcroîts ponctuels d’activité.

👉 Un contrat saisonnier ne peut pas couvrir un besoin permanent de main-d’œuvre.

Clauses obligatoires

Un contrat saisonnier doit préciser :

  • le motif de recours (emploi saisonnier),

  • la date et l’heure d’embauche,

  • le lieu de travail,

  • la durée du contrat,

  • la période d’essai (si prévue),

  • l’emploi et les missions confiées,

  • la convention collective applicable,

  • la rémunération,

  • les coordonnées des organismes de retraite et prévoyance.

Deux formes existent :

  • Terme précis : fin prévue dès la signature,

  • Terme imprécis : fin indéterminée mais durée minimale obligatoire.

⚠️ Un CDD saisonnier sans écrit est automatiquement considéré comme un CDI.

Règles à retenir

  • Pas de délai de carence entre deux contrats saisonniers, même avec le même salarié.

  • La succession de contrats saisonniers n’entraîne pas une requalification en CDI si le salarié ne travaille pas toutes les saisons.

  • Le contrat doit être remis dans les deux jours ouvrables après l’embauche.

  • Pas d’indemnité de fin de contrat sauf accord collectif spécifique.

        Le Tesa : un outil simplifié

        Le Titre Emploi Simplifié Agricole (Tesa) permet de gérer en ligne les démarches liées à l’embauche et à la paie via le site de la MSA.

        Deux versions existent :

        • Tesa simplifié : pour contrats courts,

        • Tesa+ : pour CDD ou CDI classiques.

        Avec le Tesa, l’employeur peut :

        • déclarer l’embauche,

        • éditer le contrat,

        • générer les bulletins de paie,

        • produire les attestations de fin de contrat.

              Exonérations de charges sociales : le dispositif TO-DE

              Depuis le 1er mai 2024, l’exonération TO-DE s’applique jusqu’à 1,25 SMIC.

              Avantages :

              • exonération de certaines cotisations patronales (ASA, AF),

              • prise en charge partielle par la MSA,

              • cumul possible avec la déduction forfaitaire sur les heures supplémentaires.

              Durée maximale : 119 jours par salarié et par année civile.

              Complémentaire santé et saisonniers

              Les employeurs doivent proposer une complémentaire santé collective, sauf si :

              • le contrat dure 3 mois ou moins,

              • ou si le salarié travaille moins de 15 h/semaine.

              Le versement santé

              Si le salarié remplit les conditions, il peut demander une aide pour financer sa mutuelle individuelle. Elle doit être sollicitée le jour de l’embauche.

              Montant : participation de l’employeur à sa mutuelle, majorée de 25 %, avec un minimum de 15 €.

              Grille de salaires (au 1er mai 2025)

              Selon la Convention Collective Nationale de la Production Agricole et CUMA :

              Palier Coefficient d’emploi Taux horaire brut minimum
              1 9 à 11 11,88 €
              2 12 à 16 11,97 €
              3 17 à 24 12,14 €
              4 25 à 35 12,40 €
              5 36 à 51 12,93 €
              6 52 à 73 13,54 €
              7 74 à 104 14,33 €
              8 105 à 143 15,32 €
              9 144 à 196 16,58 €
              10 197 à 270 18,36 €
              11 271 à 399 20,90 €
              12 400 23,88 €

              Dérogations au temps de travail

              En période de vendanges, la durée maximale hebdomadaire (48 h) peut être dépassée sous accord de la Dreets. Le Syndicat des vignerons des Côtes du Rhône et les FDSEA ont effectué une demande conjointe pour l’ensemble de l’aire d’appellation.

              ⚠️ Sont exclus de cette dérogation : les jeunes de moins de 18 ans.

              Pour aller plus loin

              magazine juin Vigneron cotes du rhone

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