Cela fait 10 ans que Denis Crespo dirige la cave de Cairanne. Quand il en prend la tête, il sait que l’avenir ne sera pas un long fleuve tranquille. Mais son amour pour les Côtes du Rhône et pour ce terroir vauclusien exceptionnel, doublé de la volonté des vignerons d’aller de l’avant, font que le travail et l’engagement sourient aux audacieux. En 2024, cette détermination est récompensée : la cave est élue meilleure cave coopérative de France par un certain Roberto Petronio*. « Cette récompense est le fruit d’un travail collectif et prouve que lorsque l’on croit en ce que l’on fait, on y arrive. Les vignerons sont les premiers maillons de cette réussite à laquelle il faut ajouter la rigueur de l’équipe administrative et commerciale » explique Denis Crespo.
Ce prix d’excellence enclenche une dynamique sans précédent. La presse relaie l’information, occasionnant des retombées économiques et d’image non négligeables. « Je revendique des vins solaires, harmonieux, sincères,
équilibrés, des vins à l’image de notre terroir. Camille Cayran, défend une identité. C’est un touché de tanin identifiable, un style, une signature. Nous assumons ce que nous faisons et nous le revendiquons » poursuit le directeur. Et le résultat est là avec +8 % d’augmentation du chiffre d’affaires, des ventes en direct, en circuits traditionnels en France et à l’export en croissance, du fait d’un rapport qualité prix attractif. « Chaque transaction est systématiquement valorisée, car notre situation l’exige. Cette année, nous mettons tout en œuvre pour renégocier notre dette afin de retrouver une marge de manœuvre et pouvoir investir. Nous souhaitons renforcer nos volumes à l’export en explorant de nouveaux marchés, tout en consolidant nos ventes en France » précise-t-il.
Un millésime exceptionnel
Selon lui, le millésime 2024 s’annonce exceptionnel, les grenaches atteignant un niveau de qualité rarement égalé, augurant des cuvées d’exception. « Si nous atteignons nos objectifs, nous viserons en 2027 à augmenter la part des ventes en conditionné à 55 %, contre 45 % actuellement », conclut Denis Crespo qui refuse toute forme de fatalité.
*La Revue du Vin de France
Christian Conil